Schiltigheim compte environ 32 000 habitants et forme, avec Bischheim, la continuité urbaine immédiate de Strasbourg vers le nord. La ville s'est construite autour de ses brasseries : Fischer, Adelshoffen, Schutzenberger ont façonné un tissu de faubourg où l'habitat, les cours artisanales et les bâtiments industriels se touchent. C'est exactement le type de trame qui complique un chantier amiante : peu de recul, des accès étroits, une mitoyenneté permanente.
Un parc bâti où le fibrociment est partout
Les Malteries, le Marais, Adelshoffen, le quartier Sainte-Famille : dans chacun de ces secteurs, les cours arrière ont été couvertes au fil des décennies. Appentis, buanderies, abris à vélos, garages ajoutés dans les années 70 quand la voiture est arrivée dans les familles ouvrières. La plaque ondulée en amiante-ciment était alors le matériau de bon sens : pas chère, légère, posable par deux personnes un samedi.
Cinquante ans plus tard, ces toitures arrivent toutes en fin de vie en même temps. Le gel de la plaine d'Alsace a ouvert la porosité, les mousses ont pris, et les plaques se cassent au moindre appui. Nous en déposons plusieurs dizaines par an à Schiltigheim, presque toujours dans des cours où le camion ne rentre pas.
Les logements collectifs et leurs dalles de sol
Le second gisement schilikois est intérieur. Les immeubles construits entre 1955 et 1985 ont été équipés de dalles vinyle-amiante posées sur une colle bitumineuse noire. Tant que le sol reste intact et recouvert, il ne présente pas de danger particulier. Le problème surgit à la rénovation : un ponçage, une dépose à la spatule chauffante, et les fibres partent dans l'appartement puis dans la cage d'escalier.
Nous traitons ces chantiers sous confinement complet, avec sas de décontamination et extracteur à dépression, ce qui permet de garder l'immeuble habité pendant les travaux. Pour un T3 schilikois classique, comptez trois à quatre jours entre le montage du confinement et l'examen visuel de fin.
La friche brassicole, un cas à part
Les projets de reconversion des anciens sites de production posent une autre question : le volume. Une malterie, ce sont des milliers de mètres carrés de couverture, des gaines techniques, parfois des joints et des tresses amiantés sur les circuits vapeur. Le repérage avant démolition doit être exhaustif, et le tri des flux se prépare avant la première benne. Nous intervenons sur ces chantiers en lot séparé, en amont du démolisseur.
Sur le plan administratif, rien ne distingue Schiltigheim du reste du département : plan de retrait déposé un mois avant, déclaration préalable en mairie si l'aspect extérieur change, bordereau BSDA à la fin. En revanche, la densité du bâti impose presque toujours un arrêté de voirie pour la nacelle ou la benne, et c'est nous qui le demandons.